9782266151665_1_75... Je suis un lecteur monomaniaque !

Après la lecture de l'ouvrage de Christophe Barbier, j'ai eu envie de poursuivre mon exploration de l'univers de ce Président décidément tellement particulier.

Ce livre là, Le dernier Mitterrand, suit le même principe que Les derniers jours de François Mitterrand, traite sensiblement de la même période. Sommairement, il s'agit du compte rendu chronologique d'une série de temps forts des mois de l'après présidence. On ne manque pas, d'ailleurs, de s'amuser de ce que ces "moments choisis" ont souvent pour prétexte une bonne table...

Les thèmes sur lesquels s'attardent l'auteur, Georges-Marc Benamou, sont sensiblement les mêmes. Retours sur les rapports entre François Mitterrand et la droite depuis la cohabitation, tendance à l'analyse historique systématique, politique étrangère, essais nucléaires sont au menu politique. On retrouve également quelques évocations, désormais familières, des aspects plus secrets ou plus sombres du Président. Vichy, Bousquet ou bien encore la valse des médecins, Mazarine...

Pourtant, Le dernier Mitterrand est un ouvrage fondamentalement différent de celui écrit par Christophe Barbier.

Cette fois, c'est un narrateur qui nous livre ces pages. Georges-Marc Benamou est l'auteur des Mémoires Interrompues, co-écrit avec Françoise Mitterrand qu'il a, pour les besoins de cette cause, très souvent rencontré dans ses dernières années.

C'est aussi, du moins pour ce que j'en perçois, l'ouvrage d'un homme que François Mitterrand a fasciné, attiré, charmé avant d'être, surtout, une source d'interrogations et de frustration.

A différentes reprises, l'auteur effleure les aspects les plus sombres du Président sans en dire grand chose - là où d'autres se sont livrés à de savantes investigations - comme pour ne laisser paraître que le seul regret d'une absence d'explication franche de sa part. Georges-Marc Benamou n'accable pas François Mitterrand, ne le condamne pas, mais nous dit presque sa souffrance de ne pas l'avoir vu s'ouvrir à lui. L'aurait-il fait que l'on ignore s'il aurait écrit ces mots tant attendus, jamais entendus.

Paradoxalement, Le dernier Mitterrand est un livre bien plus pudique que Les derniers jours de François Mitterrand. Bien plus dur, aussi. Il délivre un message finalement simple: le mystère attire, mais il ne retient pas...