41QCWB3ZNoLBeaucoup d'entre nous ont lu le journal d'Anne Frank.

Le journal d'Hélène Berr, bien qu'il traite fondamentalement du même sujet, offre une vision tout à fait différente. Cette jeune agrégative d'anglais a vécu à Paris jusqu'au jour de sa déportation, en 1944, et la narration de son quotidien a cela d'extraordinaire que l'horreur de l'holocauste s'y fait parfois oublier.

Magie d'un jour d'été sur les quais de Seine, d'un printemps à Aubergenville, émois amoureux ou découverte d'un texte émouvant... Hélène Berr a vécu, oui vécu, durant ces années ou survivre relevait déjà de l'exploit.

Elle n'élude pourtant rien des atrocités de la guerre. Sa réflexion est même limpide, son analyse du nazisme et sa conscience du sort fait aux siens sont proprement étourdissants. Comment tenir avec un savoir si net du péril ?

Bien des lecteurs ont été bouleversés par ce journal. Je n'ai pas, pour ma part, été ému à ce point, mais je reconnais bien volontiers que les écrits de cette jeune femme témoignent d'un courage, d'une dignité, qui forcent l'admiration.