Don Quichotte

Cet espace, semi-anonyme, est un lieu d'échange sans thématique précise, sans autre fil conducteur que les envies de son auteur. Les suggestions sont les bienvenues sur la forme comme sur le fond. Il est ouvert à tous, sous réserve du respect des règ

01 mars 2008

Le journal d'Hélène Berr

41QCWB3ZNoLBeaucoup d'entre nous ont lu le journal d'Anne Frank.

Le journal d'Hélène Berr, bien qu'il traite fondamentalement du même sujet, offre une vision tout à fait différente. Cette jeune agrégative d'anglais a vécu à Paris jusqu'au jour de sa déportation, en 1944, et la narration de son quotidien a cela d'extraordinaire que l'horreur de l'holocauste s'y fait parfois oublier.

Magie d'un jour d'été sur les quais de Seine, d'un printemps à Aubergenville, émois amoureux ou découverte d'un texte émouvant... Hélène Berr a vécu, oui vécu, durant ces années ou survivre relevait déjà de l'exploit.

Elle n'élude pourtant rien des atrocités de la guerre. Sa réflexion est même limpide, son analyse du nazisme et sa conscience du sort fait aux siens sont proprement étourdissants. Comment tenir avec un savoir si net du péril ?

Bien des lecteurs ont été bouleversés par ce journal. Je n'ai pas, pour ma part, été ému à ce point, mais je reconnais bien volontiers que les écrits de cette jeune femme témoignent d'un courage, d'une dignité, qui forcent l'admiration.

Posté par Don Quichotte à 16:18 - Critique - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


20 février 2008

Juno

18883115Commenter le film de Jason Reitman, c'est faire acte de courage et de présence...

De courage, parce qu'il faut quand même assumer d'avoir été le voir.

De présence parce qu'il n'y a pas grand chose à en dire.

Oui, mais... Finalement, les acteurs jouent plutôt juste. Le dénouement n'est pas si attendu et convenu qu'on pourrait l'imaginer. Le thème pas si facile que ça. Le tout pas dépourvu d'humour et de tendresse...

Alors même si Juno n'est pas un chef d'œuvre, même si le film gagnerait à perdre un peu de pellicule (un bon quart d'heure), c'est tout de même un coup à se réconcilier avec le cinéma américain.

Posté par Don Quichotte à 09:00 - Critique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 février 2008

Millenium

952_00La trilogie de Stieg Larson, écrivain et journaliste suédois, fait décidément un tabac !

Pourtant, les débuts sont difficiles. La traduction est épouvantable au point que l'on s'interroge pendant quelques pages sur l'intérêt que peut bien présenter le roman.

Et puis, sans crier gare, l'intrigue vous embarque et... vous vous surprenez à acheter le troisième tome !

En quelques mots, les trois volumes reposent sur la même idée d'origine. Un journaliste, à l'occasion de ses enquêtes, se trouve mêlé à d'improbables histoires de meurtres, de famille,... Avec l'aide d'un entourage pour le moins hétéroclite, il finit par débusquer coupables et secrets que le lecteur n'aura pas même soupçonnés.

Bref, du polar, du polar mal traduit mais sacrément prenant !

Posté par Don Quichotte à 20:18 - Critique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 janvier 2008

Enfin veuve, ou les lendemains difficiles...

18875014Comment fait-on pour occuper un dimanche après une nuit passée à jouer les gardes-malades ? Et bien, pardi, on se traîne jusqu'au cinéma !

D'ailleurs, c'est l'occasion de tirer mon chapeau au Vincennes qui figure parmi les rares salles à vous permettre d'assister à une séance pour 5,5 €...

Quant au film, Enfin veuve, il bénéficiera de mon indulgence ensommeillée... Franchement, c'est loin d'être un chef d'oeuvre. Les acteurs jouent souvent faux (et pourtant, ce ne sont pas des débutants).

Les aspects dramatiques du thème sont largement laissés de côté pour n'explorer que le ressort comique.

Mais justement, on rit. Ce n'est pas très fin, c'est même parfois lourd, mais néanmoins drôle.

Un conseil, quand même, ne regardez pas la bande annonce. Comme souvent, elle vous prive de l'effet de surprise et n'est que l'accumulation des passages supposés être les plus drôles.

Sinon, avis aux amateurs, j'ai réussi ma deuxième tarte aux pommes. Cette fois, la pâte était cuite !

Posté par Don Quichotte à 11:54 - Critique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 janvier 2008

Après le Marco Polo

Manger italien est toujours un plaisir. Reste que souvent c'est cher, ou alors moyen.

Le Marco Polo (rue de Condé, dans le 7ème) est un établissement de choix. On peut y déjeuner pour un prix raisonnable. Mais pour dîner, et si vous ne prenez pas garde, l'addition peut être... légèrement indigeste.

J'ai dîné la semaine dernière chez Il Gallo Nero, et je dois dire que le lieu présente plus d'un avantage.

D'abord, c'est juste à côté de chez Furai, ce qui fait une excellente raison d'y retourner pour s'assurer que ça vaut le détour.

Ensuite, la cuisine est bonne. Ni trop copieuse, ni frugale. La carte présente quelques plats qu'on essaiera volontiers et le menu mérite tout autant qu'on s'y attarde.

Le service est efficace, souriant. Le lieu n'est pas désagréable non plus, très "bistrot" mais somme tout assez calme.

Et puis, avantage non négligeable, la note est particulièrement raisonnable. Jugez en par vous même: l'apéritif (champagne), l'entrée, le plat, le dessert (à la carte), le vin et le café nous sont revenus à moins de 37 euros par personne. La même plaisanterie au Marco Polo est nettement plus onéreuse...

Une adresse à tester, donc (pour la date, demandez à qui vous savez !).

Posté par Don Quichotte à 09:00 - Critique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 janvier 2008

Le rapport Brodek

41QdKNJnGmLPhilippe Claudel, c'est un style. L'art de la suggestion, un auteur qui dépeint des atmosphères comme peu savent le faire, je trouve.

Les âmes grises était, dans le genre, une véritable réussite que je remercie Saareka de m'avoir mis entre les mains (décidément, comme agent culturel on ne fait pas mieux !).

Le rapport de Brodeck est tout aussi réussi.

Histoire d'un homme, étranger parmi les siens, qui au prétexte d'une triste affaire d'épuration qu'il a la charge de raconter, nous narre son histoire. La douleur d'être différent, quoi que tellement semblable au fond, puis au fil du temps l'habitude et l'impossibilité de souffrir.

Le rapport de Brodeck est une histoire juive. Brodeck est juif, autrichien aussi, sans doute. C'est une histoire de souffrance et de libération. Une histoire où la vie l'emporte, tant bien que mal. Une histoire où l'on découvre que les trop calmes forêts de montagne peuvent cacher, elles aussi, une humanité pas très glorieuse.

A lire, vraiment.

Posté par Don Quichotte à 09:00 - Critique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 janvier 2008

Sexe et dépendances

51K5W4VMRKLAvec un titre pareil, c'est bien le diable si cette page ne bat pas des records d'audience !

Cela dit, les égarés s'en iront bien vite en apprenant que:

1 - Il ne sera pas ici question de ma vie privée mais du dernier livre que j'ai lu
2 - Ce bouquin est très éloigné de ce que suggère son titre

Le roman de Stephen Mc Cauley, que le Monde des livres a en son temps accueilli avec ferveur, met en scène la vie d'un agent immobilier de Boston. Au fil des pages, et des ventes d'appartements, il nous conduit au coeur de la vie de ses clients. Avec humour, tendresse, il nous raconte le vide de la vie de certains, leurs erreurs, leurs compromis, leurs petites mesquineries... Mais aussi leurs réussites, leurs valeurs... Au milieu de cette foule, parfois lointaine, parfois proche, il se découvre, se transforme aussi.

Léger, le livre se lit vite et avec plaisir. Sans être un chef d'oeuvre, c'est un bon roman qui donne même un peu à réfléchir...

Posté par Don Quichotte à 16:39 - Critique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 janvier 2008

De l'art de se gâcher la vie...

tempete2Et à part ça, me direz-vous...?

Ben pas grand chose. Ca occupe, mine de rien.

2226169989Cela étant, j'ai quand même eu le temps d'achever la lecture du livre de Katherine Pancol, Les yeux jaunes des crocodiles.

Le début m'a inspiré quelques craintes. Enième histoire d'une femme qui, devenant célibataire, découvre les aléas de la vie, les combats à mener, les succès à remporter.

Mais l'auteur a très vite eu raison de mes réticences. Ce bouquin plonge le lecteur dans un univers certes un peu loufoque, mais terriblement attachant, parfois même touchant.

L'humour ne manque pas, une certaine forme de morale non plus, mais très particulière...

Ca ne vaut certes pas Ensemble, c'est tout (dont le thème était très approchant), mais c'est tout de même un très bon roman qui mérite d'être lu.

Dans un tout autre registre, j'ai été voir Gone Baby Gone. Là, si vous n'êtes pas un pro du Sudoku ou un grand amateur de policiers tordus, vous aurez comme moi du mal à suivre. L'intrigue, pourtant pas très compliquée au début, se perd dans des méandres auxquels ma vie n'a rien à envier, si bien qu'au troisième rebondissement, on y comprend plus grand-chose.

Dommage, parce que les acteurs sélectionnés par Ben Afflek sont plutôt bons et qu'il brosse un portrait de l'Amérique assez saisissant.

Sur ce, je retourne tailler mes géraniums. A force, il n'en restera pas des masses...

Posté par Don Quichotte à 14:31 - Critique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 décembre 2007

Plaisir des yeux et du palais

Déjeuner ou dîner au restaurant peut relever du plaisir autant que du calvaire.

Question d'habitude, un peu, mais aussi de cadre, de service, de qualité de la nourriture et d'addition.

Paris regorge de tables sympathiques et peu onéreuses. L'Ecurie, Lescure, pour ne citer que ces deux là, en sont d'excellentes illustrations. Mais il arrive que l'envie ou la nécessité imposent de choisir un lieu qui se démarque un peu.

Les mauvaises surprises ne manquent pas et sont même assez fréquentes lorsque l'on s'essaie à ces établissements réputés. Il arrive quand même d'en avoir de bonnes.

J'ai eu l'occasion de déjeuner au restaurant Les Ombres, situé au dernier étage du musée du Quai Branly. Outre la vue, assez impressionnante car panoramique (de la Tour Eiffel à Montmartre), on y déjeune au calme (à condition de retenir pour le premier service). Qui plus est, le service est efficace sans être pesant. Mieux encore, les plats sont vraiment bons et en quantité décente.

Evidemment, lorsque arrive la note, on s'attend au pire. Et bien, même si l'établissement reste cher, le menu complet est à 37 euros par personne.

Alors une folie, oui, mais qu'on ne regrette pas.

Posté par Don Quichotte à 17:20 - Critique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 décembre 2007

De l'injustice faite à Pennac

41l_XAiNQELDaniel Pennac, c'est Monsieur Malaussène, Au bonheur des ogres, la Fée carabine,... Bref, Pennac, c'est une sorte de mythe. En tous cas, le passage presque obligé des apprentis lecteurs de ma génération.

Moi, je n'ai jamais accroché. Surtout avec les Malaussène par-ci, Malaussène par-là,... J'ai toujours pris ça pour un concurrent de Martine (à la plage, au théâtre) et trouvé que ce garçon avait une propension plus que fâcheuse à essuyer les plâtres d'une mère passablement irritante.

Alors, quand Pennac a obtenu le prix Renaudot, je me suis dit qu'il fallait que je lise l'ouvrage et que je répare publiquement cette injustice que je lui faisais secrètement depuis des années.

Et bien il attendra encore un peu.

Certes, le début du livre est amusant, peut-être même touchant. Ce passé de cancre, narré avec la distance qui sied à celui qui s'en est sorti, et même bien, amène quelques réflexions intelligentes sur l'art et la manière de sortir un mauvais élève de la spirale d'échec dans laquelle il s'enferme.

Et le professeur Pennac de nous expliquer que la première des choses consiste à faire entrer dans le crâne de l'élève récalcitrant que, lui aussi, peut apprendre et que son passé de bon à rien n'y fait pas obstacle.

C'est bien vu, c'est bien dit, et c'est assaisonné de quelques anecdotes qui font sourire.

Seulement, ça, c'est pour les cinquante premières pages... Il en reste deux cent !

Et là, on passe du discours de la méthode à l'incantation de formules magiques (de l'unique formule magique, en fait). Le propos, tourne en rond, et beaucoup autour de l'auteur qui, pour avoir été un cancre très proactif, n'en finit pas moins par être à court d'histoires drôles.

Bref, on achève l'ouvrage vaguement écoeuré d'avoir lu et relu la même chose dix fois et avec un regret d'autant plus amer que l'on aurait aimé Chagrin d'école s'il avait été plus bref.

Comme quoi, la qualité première du cancre, c'est quand même de s'arrêter suffisamment tôt pour qu'on ne le découvre pas.

Pardon, Monsieur Pennac...

Posté par Don Quichotte à 19:57 - Critique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »